mercredi 16 août 2017

Chronique : JIM JONES & The RM + LIVINGSTONE + ORK


JIM JONES & The RIGHTEOUS MINDS
Super natural, LP, CD, Digital
MaSonic Rds / Hound Gawd! Rds
Franchement je me demandais ce que ce nouveau groupe pourrait apporter, après le 1er album du Jim Jones Revue je pensais que tout était dit !
Mais il a suffi d’une seule écoute de ce ‘Super Natural’ pour être convaincu du contraire !
Dès le 1er contact avec cet album et sa superbe pochette signée Jean-Luc Navette on plonge dans un univers intense où la beauté noire n’est pas seulement dans le packaging. Bien supérieur à tout ce que Jim Jones & The Righteous Minds ont commis jusque-là, voici véritablement un ALBUM !
Avec son style caractéristique et reconnaissable entre mille qu’il a remis au gout du jour il a déjà plus de 10 ans Jim Jones vous marque dès la 1ère écoute, et en plus cet album contient une noirceur et une profondeur que perso je ne m’attendais pas à y entendre. Le positionnant pas loin des Bad Seeds au meilleur de leur forme mais sans l’ombre ennuyeuse de Nick Cave.
Au niveau rythmes, sonorités, riffs, instruments il y a de nombreux éléments qui étonnent sur ce disque, mais qui apportent énormément à la musique des Righteous Minds les menant vers une dimension supérieure !
Le titre et la pochette promettent des choses que l’album tient haut la main !
[BT]


LIVINSTONE
S/t, CD, Digital
VS Com
Ce jeune groupe frenchy qui sort ce fort goutu 1er album a une démarche plutôt atypique puisqu’ils avaient déjà effectués 3 tournées aux Usa avant de l’enregistrer.
Et la musique de Livingstone aussi nous éloigne de ce qu’on entend généralement de la part des groupes de chez nous. Ils amalgament Indie Rock Bluesy, Stoner allégé, Pop puissante façon 90 dans des chansons qui ont souvent l’impact et l’efficacité du College Rock.
Certains titres sont des modèles du genre et font penser au niveau de l’équilibre entre la tension et la mélodie à ce que les BRMC n’ont plus été capable de faire depuis leur 1er album.
Les morceaux se succèdent sur cet album très bien construit et équilibré, chacun sonne à mes oreilles comme une évidence. La formule du Power Trio fonctionne à plein et Livingstone nous livre de ces chansons qu’on aime dès la première écoute. Et qui misent bout à bout constituent un album que j’aime réécouter souvent. Très souvent !
[BT]
En concert : Vendredi 29 Septembre : LIVINGSTONE (Indie Rock Blues Stoner) + DON PAPA (), au Farmer, à Lyon. Prix libre.


ORK
Orknest, CD, Digital
Autoproduction
Étonnant 1er  album de ce duo vibraphone & batterie (qu’ils ont équipés de capteurs) et à ces 2 instruments ils ajoutent tout un tas de petits instruments… ça produit quelque chose de rarement entendu. Une sorte de Post Rock enjoué mêlé d’Indie 90. D’une touche de Pop, de beaux passages façon Kosmische Musik et de touches d’Exotica Jazzy.
En fait je peine à définir cette musique parce que je ne trouve pas de références ni d’éléments de comparaisons valables (est-ce par manque de culture musicale ou parce qu’il n’y a pas vraiment de musique qui se rapproche de celle de Ork ?).
On peut un peu penser à l’univers aventureux des premiers Peter Gabriel, ou aux disques de David Sylvian & Robert Fripp… ça évoque beaucoup les musiques de films par ses longs passages instruments… Le tout avec un son résolument actuel.
Superbe découverte !

[BT]

dimanche 13 août 2017

Chronique : The DECLINE + ERIC NEUHOFF + BLACK WATCH + BRUCE SPRINGSTEEN



The DECLINE
Heroes on empty streets, LP, CD, Digital
Kicking Rds / Guerrilla Asso / Rural Muzik / Zone Onze Rds / Abracadaboum / General Strike
12 titres constituent ce nouvel album des Punk bretons. Mais attention musicalement The Decline c’est bien autre chose que du Punk bas du front ou du Punk a étiquettes. Ou même simplement un groupe de plus qui a la nostalgie d’un 1977 mythifié.
En fait The Decline fait partit de ces très rares groupes qui essayent d’utiliser un héritage musical et de le mélanger à d’autres pour proposer une musique de 2017.
Le quintet écrit et interprète des chansons qui tirent souvent vers les hymnes pour salles surchauffées où le publique reprend les refrains en chœurs tout en pogotant. Mais surtout ils savent faire ça en maintenant un côté mélodique très fort. Un petit côté Street Punk mâtiné de Power Pop et de Celtic Punk. Mais dans cet album on sent poindre des côté song writer façon Social Distorsion. Une évidente connexion mentale avec le Folk Punk. Et un grand plaisir puisement ROCK !
Depuis leur 1er album en 2011 The Decline sort des disques impeccables, remuants, excitants et vraiment construit. Ce 3ème LP ne déroge pas à la règle ! Son titre : Heroes on empty streets se justifie parfaitement et donne de vraies indications sur son contenu.
[BT]


ERIC NEUHOFF
Costa Brava, 297 pages, 19,50 euros
Editions Albin Michel
Voilà un livre idéal pour la plage ! Et si votre vie de merde vous a piégée chez vous tout l’été ça marche aussi. Peut-être même encore mieux !
Ayant cessé de lire le Figaro depuis de très longues années, c’est la 1ère fois que je lis du Éric Neuhoff (ayant découvert qu’il est l’auteur d’un paquet de livres et ayant adoré celui-ci je vais me pencher sur les autres), mais en fidèle auditeur du Masque Et La Plume j’aime bien le personnage et ses coup de cœur littéraires régulièrement et joyeusement iconoclastes !
Alors ce Costa Brava ?
Pour moi ce fut un de ces trop rares petits plaisirs de lectures ! Pas de grands enjeux thématiques, stylistiques, historico-social et autres conneries qui viennent tellement polluer la littérature française. Mais quelque chose délicatement écrit sur ce qui fait l’essence de la vie.
Les premiers amours qui ne guérissent jamais vraiment. Les histoires ratées. Le soleil blanc. La plage. La voile. Les masques et les tubas qui ont une balle de ping-pong dedans. Le temps de l’innocence. Le temps qui se distend et qui se détend. La chaleur du soleil et de l’amitié. Une époque. Qui est morte et ne reviendra plus. Celle qui lui succède. Puis encore celle qui lui succède.
Parce que nous avons grandit et / ou vieillit. Parce que la vie nous bouscule. Parce que l’ultra modernité à tout balayé sur son passage. Notamment le temps des vacances (envisagé dans toutes les acceptations du mot) pour le remplacer par celui des voyages qui représentent un business tellement plus profitable.
Parce que la littérature persiste à résister à la médiocrité. Et parce que rien ne justifie de s’emmerder avec un livre entre les mains. Je me suis régaler avec ce roman léger et beau comme un coucher de soleil sur l’horizon ;
[BT]
  

The BLACK WATCH
The gospel accourding to John, CD, Digital
The Eskimo Records Label
Ben merde alors je découvre ce ‘groupe’ alors qu’il a déjà publié 15 albums. Ce ‘groupe’ est un des médiums qu’utilise l’artiste John Andrew Fredrick (qui est également peintre et écrivain) pour s’exprimer en musique.
Moi je me suis penché sur cet album parce qu’il se revendique des Soft Boys et de The Church ce qui tout de suite me fait pas mal saliver !
Et bonne pioche parce quel album !
On croirait découvrir un de ces grands disques oubliés de l’Indie 90. Mais sans que ça ne sente le rance et le renfermé contrairement à tant d’œuvre revivaliste. The Black Watch n’est dans aucune nostalgie, il continue à écrire et enregistrer sa musique. Ecrire c’est bien là la première pierre qu’on remarque avec un superbe song writing tout en discrétion et en légèreté. Puis il y a la mise en musique et là aussi c’est la grande class, élégante, précise, innervé de guitares délicates mais jamais mièvres. La mise en son signée Rob Campanella du Brian Jonestown Massacre est idéale car ne tombant jamais dans aucun travers ni poussiéreuse ni moderniste, il fait sonner l’album comme si on avait le groupe en train de jouer dans son salon. Sans esbroufe, dans la vérité de ses chansons !
Si Pop et Indie Rock signifient quelque chose pour vous alors vous allez immédiatement tomber sous le charme de cet album !
[BT]


BRUCE SPRINGSTEEN
Born to run, 650 pages
Editions Albin Michel
Il y a deux sortes de fans de Rock, ceux qui ont vu Springsteen sur scène et les autres. Du moins c’est ce que tous ceux qui l’ont vu live disent.
Désormais on pourra diviser entre ceux qui ont lu son autobiographie et les autres !
Je ne connaissais pas vraiment la musique du Boss avant de m’attaquer à ce pavé (généreusement prêté par un ami) en dehors de la poignée de classiques qu’il a composé et que parfois les radios françaises ont le bon goût de diffuser.
Je confesse que depuis que j’en ai fini la lecture je me suis attaqué aux albums du monsieur !
Cette autobiographie jubilatoire est un gros pavé sur l’œuvre de l’homme et son groupe s’est aussi beaucoup le portrait des époques qu’il a traversé et de ses tourments. Le tout étant incroyablement bien écrit. Ciselé et enlevé à la fois.
Un ravissement de lecteur qui m’a fait aller au terme du livre tellement son souffle et puissant !
[BT]


mercredi 2 août 2017

Chronique : SNIVELLING SHITS + RIPPERS + FAST & LOUD FESTIVAL



The SNIVELLING SHITS
I can’t come, LP, CD, Digital
Damaged Goods Rds
Je ne connaissais rien de l’histoire de ce groupe avant d’écouter cette anthologie qui regroupe tout ce qu’ils ont enregistré.
Fondé en 77 par le Rock critique Giovanni Dadomo (ZigZag, Sounds, The Face) et rejoint par un autre journaliste Dave Fudger et par un gars de Eddie & the Hot Rods et Steve Lillywhite. Leur single étant un des préféré du boss de Damaged Goods Rds dès la création du label il s’empressa de retrouver Giovanni pour compiler avec lui tous les enregistrements du groupe afin de réaliser ce I can’t come qui devint la 3ème sortie de Damaged Goods qui la réédite aujourd’hui. Et on comprend pourquoi :
En parti à cause de la voix de leur chanteur qui fait un peu penser à Johnny Rotten ce disque donne l’impression d’écouter le 2ème album qu’on aurait rêvé que les Pistols enregistrent en 78 si au lieu de sombrer dans le chaos & la dope ils avaient connu une évolution à la Damned avec une certaine maturation de leur song writing. Et une diversification de leurs sources d’inspirations. Sur cette compilation qui est bien le reflet de son époque et du lieu dont elle a émergée on entend en plus de la morgue Punk et du son puissant de la Power Pop estampillée Londres 77 pas mal d’Art Rock à la Rocket From The Tombs / Velvet Underground (comme le prouve l’utilisation du riff et de la mélodie de Waiting for my man). Et je sens aussi dans ce disque pas mal d’écho de la grande tradition du Music-Hall anglais et un peu de l’arrogance élégante des Kinks…
Bref dans le genre le top ! Ce disque contient son lot de surprises et il réussit l’exploit d’être à la fois un moment d’histoire et un super album ! http://www.damagedgoods.co.uk/
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The RIPPERS
A gut feeling, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
Whaoo c’est déjà le 5ème album de ce groupe sarde. Ceux-ci sont plutôt discret dans une scène italienne très fournie et remuante, comme ce LP à mit pas mal de temps à émerger et qu’en plus leur patronyme n’est pas le plus ‘mémorable’ du monde vu le nombre d’homonymes, il est vrai que je les avais un peu oublié. Et donc quand j’ai écouté ce ‘A gut feeling’ pour la 1ère fois j’ai été un peu désarçonné. Vu que c’est sur Slovenly Rds je m’attendais à quelque chose de plus sauvage et arraché.
The Rippers (enfin ceux-là) pratiquent une sorte de Rhythm’n’Beat très marqué mi soixante. Un style qui n’a jamais eu trop mes faveurs (trop de groupes scolaires le doigt sur la couture, un balai dans le cul, et trop de reprises sur les disques). Là avec les sardes on est un peu dans un univers différent vu que qu’eux rajoutent pas mal de sauvagerie dans leur musique une petite touche ‘Punk’ mixé d’élégance Mod et quelques digressions Freakbeat de fort bon aloi ! De quoi intéresser mes oreilles à leur musique. Et même plus que ça. Car l’album regorge de petites trouvailles qui rendent les chansons bien différenciables les unes des autres et augmentent l’envie de le réécouter. Surtout si vous les jouez FORT !
[BT]


Vendredi 28 Juillet : FAST & LOUD FESTIVAL, avec : The LORDS OF ALTAMONT (Heavy Garage, Usa) + LES LULLIES (R’n’R, Slovenly Rds) + DEAD CROWS (Heavy R’n’R), à Mâcon. Gratuit ! https://www.facebook.com/fastandloud.fastandloudmacon

La route ayant été longue, le repas très bon, tout comme le vin (de Mâcon of course), et la compagnie excellente nous avons raté la prestation du 1er groupe.
C’est donc avec les Lullies que cette soirée démarrera pour nous. Ce jeune quatuor montpelliérain arrive précédent d’une flatteuse réputation. Ils jouent vite et sec une sorte de Garage Power Pop tendu / Punk 77 direct, rapide donc mais restant mélodieux. Dans l’esprit des Briefs selon le commentaire d’un de mes amis. Il m’a semblé que les Lullies avaient un peu de mal à se sentir à l’aise sur une scène si grande (le Fast & Loud c’est une vraie grande scène de festival avec grosse sono et lights en conséquence posé sur les quais de Saône au centre de Mâcon, et c’est gratuit). En plus il semblerait que les retours n’étaient pas forcément très bien réglés pour eux. Cependant les Lullies emportent le morceau haut la main. Ce qui n’est pas évident car si une frange du public est constituée de vrai fans de Rock attirés par l’affiche le plus gros des gens présents sont venu par curiosité puisque c’est gratuit…
Le 1er EP des Lullies est épuisé. Leur 2ème arrivera cet automne sur Slovenly Rds (un évident gage de qualité) et je suis impatient de l’écouter !
Ils tourneront en Italie, Sud de la France et en Espagne en septembre et cherchent des dates dans le reste de la France pour octobre et novembre. Avis aux amateurs.
Les Lords Of Altamont n’avaient pas joués ensemble depuis 3 ans. Ce concert à Mâcon était le 1er du mini tour servant de warm up au gang avant la longue tournée d’Octobre / Novembre de promotion de leur nouvel album « Wild Sounds » à sortir début octobre.
Pour dire le vrai le Fast & Loud on y vient entre amis pour passer du bon temps ensemble et soutenir le travail de la formidable équipe de passionnés qui organisent tout ça.
Leur programmation est toujours excitante mais ça n’est pas forcément ce qui compte le plus pour moi.
Sauf que là c’est la grosse baffe !
Il me semble que jamais le Heavy Garage R’n’R des Lords Of Altamont n’a sonné aussi bien ! Aussi fort ! Aussi compact !
Whaoo quelle tornade, par moment j’ai eu l’impression d’entendre et de voir la rencontre du MC5 avec Led Zep et Black Sab. Avec un show comme ça on comprend pourquoi les Lords of Altamont transcendent les chapelles ! Si vous aimez le Heavy R’n’R, le Stoner, le Grunge, le Garage… bref le ROCK sachez que l’esprit de la chose infuse toujours dans les veines des Lords of Altamont !!!!
Leur nouveau single « Going downtown » est terrible, il préfigure le nouvel album qu’on attend de pied ferme !
Merci le Fast & Loud et à l’année prochaine !
En concert : Samedi 7 Octobre : The LORDS OF ALTAMOND (Heavy Garage Rock, Usa) + The EXPERIMENTAL TROPIC BLUES BAND (Rock’n’Roll, Belgique), aux Abattoirs à Bourgoin Jallieu


samedi 29 juillet 2017

Chronique : PETER PERETT + CATS NEVER SLEEP + NOUVELLE REVUE INSTRUCTIVE n°3



PETER PERETT
How the west was won, LP, CD, Digital
Domino
Quel ravissement que cet album ! Et quel formidable cadeau ! Pour dire le vrai je le pensais mort (‘en tout cas perdu pour la musique) or ce « How the West was won » prouve qu’il est de retour parmi les vivants et qu’il revient pour encaisser son dû et il met la concurrence à l’amande.
Certes je suis heureux de le retrouver, surtout aussi en forme !
Mais avant d’écouter ce disque tellement de fois que je ne m’attendais à le voir publier un CLASSIQUE !
Les amoureux des Only Ones retrouveront cette voix unique qui sonne incroyablement juvénile et forte !
Ceux qui ont aimé ses albums solos se réjouiront de le voir enfin réaliser LE GRAND DISQUE que son talent de song writer laissait espérer.
Nous voici en présence d’un moment magique où tout se met en place comme dans un rêve : chant, compos et interprétation !
EcouteS indispensable !!!   
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The CATS NEVER SLEEP
Massage, LP, CD, Digital
Le Pop Club
Dans le monde surchargé des jeunes gens actuels qui se réclament du psychédélisme Cats Never Sleep s’éloigne du tout venant en proposant une œuvre variée et profonde qui évitera de les confondre avec les minets convenu (ça peut aussi s’écrire en deux mots).
Empreint de beauté et de mélancolie ce disque se place bien ailleurs que dans une seule case plus ou moins revivaliste. Car sur son 1er album (enfin !) le quintet suisse montre une grosse capacité de song writing à la confluence de nombreuses ‘traditions’ et parfaitement dans une certaine idée de la ‘modernité’.
Œcuménique leur musique se gorge de Pop 60’s de Country élégiaque de Kraut de Folk vaporeux de Rock de musiques Indie dansantes post 2000 de Psychédélisme donc mais aussi d’influences venant de tout autour du globe (Afrique, Asie surtout) tout ceci appliqué par touches pointillistes forme un album ‘impressionniste’ et impressionnant, plein de couleurs, de nuances et de contrastes.
Ce qui le positionne très au-dessus de ce qui sort habituellement !
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En concert : Mercredi 4 Octobre : CHEAP STAR (Power Pop soyeuse) + The CATS NEVER SLEEP (Indie Garage Psyché Pop, Suisse), au Brise-Glace, à Annecy. Gratuit.
« L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés plein de doutes. » Bertrand Russell


La NOUVELLE REVUE INSTRUCTIVE n°3
52 pages imprimées couleurs, 5 euros
A chaque numéro le niveau de cette revue augmente !
C’est de mieux en mieux ! Le sommaire est excellent l’iconographie superbe et le contenu rédactionnel très bon (après à titre personnel imprimer des interviews rigolardes ou à base de private joke vu le temps et l’investissement que ça représente ça m’a toujours paru idiot, mais c’est mon côté ronchon qui prend le dessus) à tel point que vraiment ça devient instructif !
Régalade de lectures donc : le boss de King Salami (leur batteur) passe à la question et évoque même un peu son passé. Moonrite se présentent à ceux qui ne les connaissent pas encore (vivement le prochain single !). Pierre & Bastien révèle qu’ils sont 3. The Gentlemen’s Agreements sont élégants. The Ready Mades sont en plus militants (là c’est l’album que j’attends !). Police Control me font les chercher sur le net. Mademoiselle Sunny Buick nous parle de son expérience dans les méandres du tatouage. The Wave Chargers c’est la nouvelle vague de la Surf française. Un dossier sur la renaissance du Rock à Rennes, un sur le Mersey Beat, un sur la mouche comme animal horrorifique (littérature & cinéma), un sur le producteur Ken Lean (une totale découverte pour moi), un papier sur les femmes mariachis et un sur le suicide de Darby Crash. BONNE LECTURE !!!
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mercredi 26 juillet 2017

Chronique : DECIBELLES + CHICKENSTONES + CROWN COURT + ROYAL TRUX



DECIBELLES
Tight,
Kidnap Music
Une façon d’envisager ce nouvel album des Decibelles serait de dire que c’est la rencontre de Sleater Kinney et de Bikini Kill. Ce qui serait tout à la fois vrai et un peu court !
Car si le trio oscille entre un versant plus mélodieux Pop Indie et des penchants Punk colérique, sa musique sonne follement de notre temps avec des côtés très Post Punk et d’autres proto electro wave (avec modération).
Les 3 filles en colère (ce que prouve entre autre les 2 titres brillement écrits en français) pondent un album comme on n’en attendait pas : excitant, sec, nerveux, mature, brillant et brillement mis en son. Très diversifié mais homogène et riche…
Bref une œuvre qui s’écoute et se réécoute beaucoup et longtemps !
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CHICKENSTONES
Johnny Streetlight, LP
Les Disques Basil
Sortit en autoproduction par ce quatuor australien, ce splendide album bénéficie d’une sortie française (pour commander : frenchduderocker4@gmail.com). Et s’est tant mieux !
Tout partait au mieux pour eux, s’est mon pote Cyril qui me les a fait découvrir (merci à lui), la pochette est superbe et ils viennent de down under… Et je n’ai pas été déçu. Oh que non !!!
Car musicalement les Chickenstones mélangent le meilleur du Rock australien qu’on a aimé (Birdman et compagnie) avec un côté purement Rock’n’Roll à la New York Dolls. Voyez le genre ?
Les Chickenstones ont une capacité à écrire des chansons qui sonnent comme des classiques (entre Remplacements et Dictators) mais payent aussi leur écots à un Rock de petits cul terreux blancs avec des morceaux que ne renieraient pas les Nine Pound Hammer/ Nashville Pussy / Supersuckers.
Bref ça cisaille bien au niveau des guitares, le chant aussi est parfaitement assuré et gonflé par des voix doublées, la rythmique est au cordeau et les chansons imparables. Et assez diversifié pour donner du bonheur en permanence !
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CROWN COURT
Capital offense, LP, Digital

Rebellion Rds 
Voilà un album que je n’aurai jamais écouté sans mon disquaire ! Qui l’avait mis en présentoir ce qui m’a fait regarder attentivement sa pochette, lui poser des questions sur le contenu, l’écouter et finalement partir avec ! Merci à Monsieur Bruno Dangerhouse pour ça ! Tellement plus important que n’importe quel achat au rabais sur le net.
Bon ce quatuor londonien, sort son 1er album après 2 EPs. Et la vache ça claque fort d’entrée !
Du Street Punk merveilleusement balancé, comme on en entend trop rarement. Surement une des merveilles du genre apparu ces 3 / 4 dernières années.
Bien Punk, vindicatif, mais mélodieux, avec des côté Oï à l’anglaise comme on n’aime. Mais tellement au-dessus de la masse de prétendus continuateurs du Spirit of 69.
Ce qui fait la différence chez Crown Court ? Des chansons. Ouai c’est ça des putains de chansons. Et des hymnes comme le style en appel en permanence. Plutôt des mid tempo, avec tout ce qui faut ou il faut. Un bassiste qui n’est pas là seulement pour être le 4ème à la belote. Un batteur qui a une bonne frappe mais sans esbroufe. Un guitariste, simple sobre et inventif. Un chanteur capable de modulé sa voix. Et des mélodies, des hooks, des refrains et des chœurs… le pied !
Crown Royal veut montrer qu’il a une personnalité et il se donne les moyens d’y arriver !
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ROYAL TRUX
Platinium tips + Ice cream, LP, CD, Digital
Domino
Voilà un retour inattendu qui me réjouit. Avec ce live Royal Trux se rappel à notre bon souvenir avec leur musique si particulière. L’intérêt de ce live est qu’il / elle livrent le meilleur de ce qu’ils savent faire en 12 chansons qui représentent bien leur ‘carrière’ chaotique.
Ici il n’y a rien à jeter ce qui est malheureusement régulièrement le cas sur leurs albums ‘studios’.
Comment présenter la musique de Royal Trux à un néophyte ? Blues Noisy Psyché Indie Pop Grunge R’n’R ? Si ce n’est que le duo à un style qui n’est pas celui de Monsieur et Madame tout le monde. Marqué à vie par Beggar Banquet (à mon avis la seule chose défendable de la carrière de Stones) le duo triture les tenants et aboutissants de cette musique (du diable) pour en tirer quelque chose qui ne sera qu’à eux !
Et sur ce live s’est totalement, évidement réussit.
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samedi 22 juillet 2017

Chronique : ADIEU GARY COOPER + ELECTRIC MOON + SUNFLOWERS



ADIEU GARY COOPER
Outsiders, LP, CD, Digital
Cheptel Rds / Casbah Rds / L’Autre distribution
Quel bel album que celui du trio Suisse ! Qui a fait beaucoup de chemin depuis ses débuts Pop Garage, ayant abondamment tourné à travers le monde, ils ont ajouté beaucoup d’éléments picorés autour de la planète, non seulement à leur musique mais aussi à leurs textes, en français. Qui ont gagné en profondeur réussissant à traduire le désarroi et la mélancolie de l’homo occidentalis face à l’ultra moderne solitude désincarnée de l’époque.
Comme le chant à une vraie personnalité cela donne une épaisseur importante à ce nouvel album. Musicalement aussi les progrès sont saisissants !
Ajoutant synthé et boites à rythmes Adieu Gary Cooper arrive à amalgamer des choses qui semblent incompatibles tel que : l’Indie Garage Psyché actuel et la Pop synthétique des années 80 (Sparks / Buggles…).
Loin de sonner revivaliste leur musique se positionne à la pointe de ce que doit être la (post) modernité en 2017.

Indéniablement un des disques qui marquera cette année !!
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ELECTRIC MOON
Stardust rituals, LP, CD, Digital
Sulatron Rds
4 titres seulement sur ce nouveau disque du trio Space Rock / Psyché allemande, mais pour 46 mn de musique céleste. Qui s’élève et vous élève l’âme mais pas que !
Leur 5ème album s’est un peu fait attendre, mais ça valait largement le coup ! D’ailleurs Electric Moon s’est vraiment un groupe qui joue sur la patience et l’attention de l’auditeur, car ces longs titres (le plus court fait 4’40 le plus long 22 mn) nécessitent qu’on soit focalisé dessus et qu’on y revienne pour révéler tous leurs mystères.
Dans ce monde effervescent où la capacité d’attention semble s’être envolé chez tout à chacun c’est un pari risqué de faire ce genre de musique et de croire au fait qu’il reste encore assez de véritables mélomanes capable d’allé au-delà d’une 1ère impression donner par un survol furtif d’un mauvais mp3.
Un pari gagnant cependant puisque le 1er pressage vinyle de ce ‘Stardust rituals’ est déjà épuisé et qu’un 2ème a été effectué.
Le super band joue toujours sur la musicalité, la profondeur des émotions suscité, des thèmes abordés et des sons utilisé capable de passer de moments évanescents quasi weird folk à des ambiances Space Rock heavy avec chants semblant sortit d’une église grégorienne !

Sidérale et sidérant !!!
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SUNFLOWERS
The intergalactic guide to find the red cowboy, LP, Digital
Only Lovers Rds / Difer-Ant
Le duo mixte de Porto aime distordre son Garage Psych Punk pour être sûr qu’on ne les confond avec personne.
Ils attaquent d’ailleurs bille en tête avec le titre ‘Kool Kid Blues’ qui a une intro à fond les ballons, mais qui évolue vite vers une sorte de version énervée des Mighty Caesars avec un titre chanté par les 2 voix, masculine et féminine, qui dis bien la frustration de ces 2 sales moutards (mais c’est ce qu’on aime dans le Rock).
Dans leur musique on sent qu’ils ont aimés quelques groupes sortis chez Crypt Rds à la grande époque (Oblivians, Gories…) mais aussi un côté Surf très marqué notamment dans l’utilisation des harmonies vocales. Donc si la musique des Sunflowers cogne bien elle reste très attirée par la mélodie ce qui rend chaque titre très intéressant et différent de celui qui le précède et de celui qui le suit.
Parfois la voix du guitariste chanteur rappel un peu un Franck Black en colère ce qui donne une petite touche Indie 90 qui a beaucoup de charme.
Et puis moi un groupe qui aime les Lalala dans ses refrains ça m’éclate ! En fait les Sunflowers jouent avec les chapelles : Garage, Psyché, Blues, Noise, Surf, Beat, Pop… pour combiner un album bien excitant et plein de bout en bout !

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mardi 18 juillet 2017

Chronique : BADASS MOTHER FUZZERS + LEFT LANE CRUISER + DUSTY MUSH


BADASS MOTHER FUZZERS
Heartbreaker,
Pitshark Rds
Évidement avec un nom comme le leur on s’attend à quelque chose de particulier. Et en fait c’est moi gras que ce a que je pensais !
En fait la 1ère moitié de cet album (leur 1er) me fait un peu penser à La Muerte ou au Raymen (avec un chant moins sombre) dans la capacité de la rythmique à bourrer au cul sans jouer à burne. Si vous voyez ce que je veux dire ?
La 2ème moitié du disque me fait imaginer que ce trio a dans sa collection pas mal d’enregistrement des Dogs (on n’appelle pas impunément son album ‘Heartbreaker’, à mon avis).

Donc les Badass Mother Fuzzers jouent un Rock éternel et solide qui louche un peu vers un certain (et une certaine qualité) australien, avec une touche de class Frenchy but chic ! Dans un esprit très actuel qui ne respecte pas aveuglément les canons d’un genre mais le pervertissent avec beaucoup d’influences variées. Sans se disperser !

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LEFT LANE CRUISER
Claw machine wizard, LP, CD, Digital
Alive Natural Sound Rds
Dès la pochette on comprend qu’ils sont de retour à leur formule duo. Et on pourrait croire à un album très ‘Back to roots’.
Or ça n’est pas totalement le cas notamment grâce à la présence extrêmement forte de l’orgue dans ce disque !
Car apparemment la volonté de Freddy J Evans IV (guitare / chant et seul survivant des débuts) était d’enregistrer un album dans un esprit Soul. Ben faut reconnaitre que c’est quand même souvent passé à la moulinette Blues Punk typique de Left Lane Cruiser, mais que ça transparait sans qu’on ait besoin de lire la bio ou les interviews pour cela.
Bien évidemment les Left Lane Cruiser ne se sont pas compromis en virant néo Soul. Ils ont ajouté un supplément d’âme à leur musique pour créer un nouvel album qui montre qu’ils sont toujours aussi excellent, créatif, au-dessus du lot et capable de pondre un disque qui à la fois s’inscrit dans leur histoire musicale et renouvelle l’intérêt pour eux !
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DUSTY MUSH
Cheap entertainment, LP, Digital
Howlin’ Banana
Noisy Garage Psych Punk pour ce 1er album. Eux je ne les connaissais pas mail ils aiment faire crier / Crisser les guitares et l’orgue dans leur musique. Pas en permanence, mais assez souvent pour que ce disque se soit sentit à l’aise sans peine chez Slovenly Rds. Pourtant c’est Howlin’ Banana Rds qui a accroché le scalp de Dusty Mush à son tableau de chasse, et ce n’est pas encore ce ‘Cheap Entertainment’ qui va faire baisser le niveau d’excellence du label !
Ce genre de musique nécessite un peu plus d’écoute que des trucs plus Pop avant d’être appréhendé dans son ensemble. Il faut se donner le temps pour qu’apparaissent toutes les qualités de cette musique nerveuse, insouciante, brutaliste mais qui ne dénigre pas la mélodie.
Leur vision du Psychédélisme est noire et pas si éloignée de celle des Dum Dum Boys / Spacemen 3. Le tout dans un esprit Garage bien Punk. Mais avec un sens de la composition. Tout en laissant beaucoup de place aux instruments et aux bruits.
Un album bien intense !
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