samedi 22 juillet 2017

Chronique : ADIEU GARY COOPER + ELECTRIC MOON + SUNFLOWERS



ADIEU GARY COOPER
Outsiders, LP, CD, Digital
Cheptel Rds / Casbah Rds / L’Autre distribution
Quel bel album que celui du trio Suisse ! Qui a fait beaucoup de chemin depuis ses débuts Pop Garage, ayant abondamment tourné à travers le monde, ils ont ajouté beaucoup d’éléments picorés autour de la planète, non seulement à leur musique mais aussi à leurs textes, en français. Qui ont gagné en profondeur réussissant à traduire le désarroi et la mélancolie de l’homo occidentalis face à l’ultra moderne solitude désincarnée de l’époque.
Comme le chant à une vraie personnalité cela donne une épaisseur importante à ce nouvel album. Musicalement aussi les progrès sont saisissants !
Ajoutant synthé et boites à rythmes Adieu Gary Cooper arrive à amalgamer des choses qui semblent incompatibles tel que : l’Indie Garage Psyché actuel et la Pop synthétique des années 80 (Sparks / Buggles…).
Loin de sonner revivaliste leur musique se positionne à la pointe de ce que doit être la (post) modernité en 2017.

Indéniablement un des disques qui marquera cette année !!
[BT]


ELECTRIC MOON
Stardust rituals, LP, CD, Digital
Sulatron Rds
4 titres seulement sur ce nouveau disque du trio Space Rock / Psyché allemande, mais pour 46 mn de musique céleste. Qui s’élève et vous élève l’âme mais pas que !
Leur 5ème album s’est un peu fait attendre, mais ça valait largement le coup ! D’ailleurs Electric Moon s’est vraiment un groupe qui joue sur la patience et l’attention de l’auditeur, car ces longs titres (le plus court fait 4’40 le plus long 22 mn) nécessitent qu’on soit focalisé dessus et qu’on y revienne pour révéler tous leurs mystères.
Dans ce monde effervescent où la capacité d’attention semble s’être envolé chez tout à chacun c’est un pari risqué de faire ce genre de musique et de croire au fait qu’il reste encore assez de véritables mélomanes capable d’allé au-delà d’une 1ère impression donner par un survol furtif d’un mauvais mp3.
Un pari gagnant cependant puisque le 1er pressage vinyle de ce ‘Stardust rituals’ est déjà épuisé et qu’un 2ème a été effectué.
Le super band joue toujours sur la musicalité, la profondeur des émotions suscité, des thèmes abordés et des sons utilisé capable de passer de moments évanescents quasi weird folk à des ambiances Space Rock heavy avec chants semblant sortit d’une église grégorienne !

Sidérale et sidérant !!!
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SUNFLOWERS
The intergalactic guide to find the red cowboy, LP, Digital
Only Lovers Rds / Difer-Ant
Le duo mixte de Porto aime distordre son Garage Psych Punk pour être sûr qu’on ne les confond avec personne.
Ils attaquent d’ailleurs bille en tête avec le titre ‘Kool Kid Blues’ qui a une intro à fond les ballons, mais qui évolue vite vers une sorte de version énervée des Mighty Caesars avec un titre chanté par les 2 voix, masculine et féminine, qui dis bien la frustration de ces 2 sales moutards (mais c’est ce qu’on aime dans le Rock).
Dans leur musique on sent qu’ils ont aimés quelques groupes sortis chez Crypt Rds à la grande époque (Oblivians, Gories…) mais aussi un côté Surf très marqué notamment dans l’utilisation des harmonies vocales. Donc si la musique des Sunflowers cogne bien elle reste très attirée par la mélodie ce qui rend chaque titre très intéressant et différent de celui qui le précède et de celui qui le suit.
Parfois la voix du guitariste chanteur rappel un peu un Franck Black en colère ce qui donne une petite touche Indie 90 qui a beaucoup de charme.
Et puis moi un groupe qui aime les Lalala dans ses refrains ça m’éclate ! En fait les Sunflowers jouent avec les chapelles : Garage, Psyché, Blues, Noise, Surf, Beat, Pop… pour combiner un album bien excitant et plein de bout en bout !

[BT]

mardi 18 juillet 2017

Chronique : BADASS MOTHER FUZZERS + LEFT LANE CRUISER + DUSTY MUSH


BADASS MOTHER FUZZERS
Heartbreaker,
Pitshark Rds
Évidement avec un nom comme le leur on s’attend à quelque chose de particulier. Et en fait c’est moi gras que ce a que je pensais !
En fait la 1ère moitié de cet album (leur 1er) me fait un peu penser à La Muerte ou au Raymen (avec un chant moins sombre) dans la capacité de la rythmique à bourrer au cul sans jouer à burne. Si vous voyez ce que je veux dire ?
La 2ème moitié du disque me fait imaginer que ce trio a dans sa collection pas mal d’enregistrement des Dogs (on n’appelle pas impunément son album ‘Heartbreaker’, à mon avis).

Donc les Badass Mother Fuzzers jouent un Rock éternel et solide qui louche un peu vers un certain (et une certaine qualité) australien, avec une touche de class Frenchy but chic ! Dans un esprit très actuel qui ne respecte pas aveuglément les canons d’un genre mais le pervertissent avec beaucoup d’influences variées. Sans se disperser !

[BT]


LEFT LANE CRUISER
Claw machine wizard, LP, CD, Digital
Alive Natural Sound Rds
Dès la pochette on comprend qu’ils sont de retour à leur formule duo. Et on pourrait croire à un album très ‘Back to roots’.
Or ça n’est pas totalement le cas notamment grâce à la présence extrêmement forte de l’orgue dans ce disque !
Car apparemment la volonté de Freddy J Evans IV (guitare / chant et seul survivant des débuts) était d’enregistrer un album dans un esprit Soul. Ben faut reconnaitre que c’est quand même souvent passé à la moulinette Blues Punk typique de Left Lane Cruiser, mais que ça transparait sans qu’on ait besoin de lire la bio ou les interviews pour cela.
Bien évidemment les Left Lane Cruiser ne se sont pas compromis en virant néo Soul. Ils ont ajouté un supplément d’âme à leur musique pour créer un nouvel album qui montre qu’ils sont toujours aussi excellent, créatif, au-dessus du lot et capable de pondre un disque qui à la fois s’inscrit dans leur histoire musicale et renouvelle l’intérêt pour eux !
[BT]

DUSTY MUSH
Cheap entertainment, LP, Digital
Howlin’ Banana
Noisy Garage Psych Punk pour ce 1er album. Eux je ne les connaissais pas mail ils aiment faire crier / Crisser les guitares et l’orgue dans leur musique. Pas en permanence, mais assez souvent pour que ce disque se soit sentit à l’aise sans peine chez Slovenly Rds. Pourtant c’est Howlin’ Banana Rds qui a accroché le scalp de Dusty Mush à son tableau de chasse, et ce n’est pas encore ce ‘Cheap Entertainment’ qui va faire baisser le niveau d’excellence du label !
Ce genre de musique nécessite un peu plus d’écoute que des trucs plus Pop avant d’être appréhendé dans son ensemble. Il faut se donner le temps pour qu’apparaissent toutes les qualités de cette musique nerveuse, insouciante, brutaliste mais qui ne dénigre pas la mélodie.
Leur vision du Psychédélisme est noire et pas si éloignée de celle des Dum Dum Boys / Spacemen 3. Le tout dans un esprit Garage bien Punk. Mais avec un sens de la composition. Tout en laissant beaucoup de place aux instruments et aux bruits.
Un album bien intense !
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vendredi 14 juillet 2017

Chronique : ABUS DANGEREUX 142 + MIGHTY BOMBS + BURNING HEADS + RATTANSON



ABUS DANGEREUX face 142
40 pages couleurs + CD sampler 5 euros
Ce qui reste la chose que je préfère depuis que j’écris dans Abus Dangereux c’est qu’au moment où on définit le sommaire c’est que certains de mes ‘confrères’ proposent des interviews de groupes que j’aurais voulu. Ce qui me fait toujours penser que je suis vraiment au bon endroit. La deuxième chose que je préfère c’est qu’ils proposent aussi toujours des groupes dont je n’ai jamais entendu parler. Et la troisième c’est quand je reçois mon exemplaire !
Et là ça commence très bien parce que je trouve que la couv’ claque bien !
Et le sommaire plus encore !
Slow Joe & The Ginger Accident dès le début du numéro, comme un signe. Le label Requiem Pour Un Twister. Moonrite. Wall Of Death sur la même double page, c’est vraiment class !
Pierre Et Bastien. Some Produkt (Perigueux’s rules). James Williamson & Deniz Tek. Plus SMZB sur la double page suivante ça aussi ça calme !
Sleaford Mods. Boss Hog. Une double chacun. Normal !
Gloria (ah j’adore) ! Jim Youngers Spirit, une vraie découverte !
The Handsome Family, mais d’où ils sortent des gens de talent comme ça ?
Serge Teyssot-Gay. Dan Rico (vivement la tournée de cet automne) !
William Z Villain : un vrai gros cracage !!!
The Lonely Dogs : Rock with style !
Violence Conjugale, une autre découverte pour bibi.
Conger! Conger! (Noise rules).
Dum Dum Boys indétrônables !
10 pages de chroniques de disques et deux de livres et de fanzines.
Plus un CD sampler avec : Boss Hog, Dead Horse One, Dum Dum Boys, Violence Conjugale, Jim Younger’s Spirit, Dan Rico, Gloria, The Lonely Dogs, Conger! Conger!, The Handsome Family et William Z Villain.
Abonnement : 20 euros pour 5 numéros.
[BT]
A Grenoble en dépôt-vente chez Disc’oRama Records Shop, 11 rue Beyle Stendhal, au centre


MIGHTY BOMBS
Not of this earth,
GPS Prod / Casbah Rds / Lucinda Rds
1er EP pour ce trio Suisse. Qui n’est cependant pas constitué de débutant(e)s puisque les différents membres de ce groupe jouent ou ont joué dans Las Furias, The Trap, Perras De Infiero, Virüs, Dustburds, The Last Brigade, Demon Vendetta…
Peut- être que certains de ses noms ne vous sont pas inconnus. En tout cas ils prouvent que chez les Mighty Bombs il y a du savoir-faire !
Musicalement on est entre Punk Garage mélodique, Indie Pop late 80 (un poil de Blonde Pop sur les chansons les plus Pop), Power Pop et College Rock.
Un amalgame qui doit beaucoup à la voix de Onne Wan et aux chœurs, aux accroches de guitares et à une section rythme qui influent considérablement sur l’orientation musicale.
Tout en étant assez loin musicalement je dirais que chez les Mighty Bombs on retrouve le  même niveau de qualité que chez les Muffs. Et ça s’est pas un mince compliment.
[BT]
En concert : Lundi 7 Août : TEENAGE BOTTLENECK (Punk Rock Hard Core Mélo, Fat Wreck Chords, Usa) + MIGHTY BOMBS (Garage Punk) + HELLO MY NAME IS (Punk Rock), à l’Usine, à Genève


BURNING HEADS
Live 1999, KXLU 88.9 FM Los Angeles, CD, Digital
Ninteen Something
Brillante idée de rééditer ce live des Burning Heads ! D’une part car il est primordial de dire et de redire à quelle point nous avons été (et sommes toujours) chanceux d’avoir dans ce pays un des tout meilleur groupe de la scène Hard Core Melo mondiale ! Et que par chance ils ont été très actifs tout au long de leur carrière durant laquelle ils n’ont jamais commis de faute de goûts, ont été une inspiration et une aide pour de nombreux groupes d’ici. Et comme on est vraiment vraiment chanceux les Burning Heads sont toujours aussi actifs et toujours un exemple ! https://www.facebook.com/burningheads
Bon alors ce live de 1999 ? J’avoue que je l’adore par son côté sec et cru qui rappel bien ce que sont les Burning sur scène, le tout avec un son qui accroche l’oreille, cru tout en étant clair & puissant !
Putain ouai il le fait ce disque, et je comprends pourquoi il fallait le rééditer ! Une vraie gifle pour tous les cons qui ne jurent que par les groupes ricains… De ce côté de l’Atlantique aussi on sait y faire. Et en plus les Burning Heads eux ont une vraie personnalité ! Un must !!!
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RATTANSON
Full-scale shakeability, LP, Digital
Open Mind Rds
J’aime bien la présentation de ce disque ‘One-soul rock’n’roll band’ vu que ce 1er album est l’œuvre de son leader Råttanson. Penser, enregistrer et réalisé à Stockholm cette merveilleuse collection de 13 chansons est une sorte de pierre philosophale pour tous ceux qui sont à la recherche de la perfection Garage 60’s. Dans l’esprit, bien plus que dans la musique.
Car Råttanson s’il est marqué par les années 60, et le Garage Revival 80, il aime tout autant la Power Pop comme on la faisait au début des années 80 : dépouillée d’effets de guitares qui gonflent le son.
Dans cette petite merveille d’album on entend aussi des influences Paisley Underground, Bubble Gum, Jangle Pop. Le tout avec un son totalement DIY qui sied tellement bien à ce type de musique qui vient directement du cœur : un son pure, direct, sans esbroufe. Vrai quoi !!!
Une œuvre je persiste par un fan pour les fans. Certes mais pas seulement, cet album touche juste et va bien au-delà d’un disque de niche pour être une collection de superbes chansons avec une grosse personnalité ! Une formidable découverte que voilà !!! Enfin peut-être pas pour les plus pointu d’entre vous puisque que Råttanson avait évidement commencé son parcours sous ce nom en publiant des singles (quand on aime cette musique comment faire autremment) et le gars derrière tout ça avait sévit dans Fanscene un groupe Mod entre 93 & 98 (Detour Rds a édité leur tube ‘French Poetry’ en single, et un CD anthologie) et avant cela il était dans Rawhides un groupe orienté Garage Rock.
[BT]


mardi 11 juillet 2017

Chronique : GLORIA + The CUBICAL + TRIPTIDES + CORRIDOR



GLORIA
In excelsis stereo, LP, CD, Digital
Howlin’ Banana Rds
Ok c’est gonflé d’appeler son groupe Gloria, mais disons que ça oriente vers un certain univers et une certaine période musicale…
Comme le laisse espérer la pochette nous voici également dans un univers féminin, beau, accueillant, douillet, où on s’installe pour tomber amoureux.
Le chant des sirènes qui autrefois tenta Ulysse. Un rêve éveillé et évanescent où les mélodies, les instruments, les voix se mélangent en permanence pour créer un univers BEAU.
Ça me fait un peu penser aux écossais de Haight Asbury, avec la délicatesse des groupes qui sortaient sur Sarah Rds ou K Rds mâtiné d’une très délicate Pop 60’s…
Je ne m’attendais pas à tomber sur un album comme celui-là ni d’être autant chamboulé par lui !!!
[BT]
En concert : Jeudi 13 Juillet : Le Bal ! avec : JUNIORE (French Psyché Surf) + GLORIA (60’s Pop Girl, magnifique) + Blind Test Nina & Simone,  au Transbordeur, à Villeurbanne (69). 19h. Gratuit pour les tatoués
Et :
Mardi 18 Juillet : GLORIA (Psché Pop sixties magnifique) + REMI GUIRAO (Folk Pop), à la Tête Bleue, 44 quai Pérrière, à Grenoble. 9 euros. Réservation : 06.16.24.85.55. ou latetebleue@gmail.com


The CUBICAL
Blood moon, CD, Digital
Halfpenny Rds
Ce ‘groupe de Liverpool’ nous plonge dans un Rock sombre profond et intense comme les australiens en proposent souvent (The Drones, Bad Seeds / Beasts of Bourbon) qui est aussi bien irrigué d’influences Rock’n’Roll à la New York Dolls / Saints / Rocket Fron The Crypt (avec ces 2 derniers ils partagent un même amour pour les cuivres).
Sur ce splendide disque les musiciens tanguent entre Death Country, Blues aérien, Rock vaudou sous tranxène et des mélodies qui semblent venir d’un cabaret dentant…
Un superbe album un peu hors du temps et qui marche sur un fil mais sait faire voyager sur les ailes de sa musique…
[BT]


TRIPTIDES
After glow, LP, CD, Digital
Requiem Pour Un Twister
Sixties Pop Psyché aérienne et nimbée de chœurs, pleine de mélodies rendues onctueuse par le jeu de la basse et des arrangements qui renvoient à la luxuriance des Zombies ou des Easybeats.
Triptides est bien dans une veine actuelle (Halasan Bazar et autres) qui n’a pas perdu les leçons des géniaux The Soundtrack Of Our Lives. Et c’est tant mieux. Assumant son côté rétro mais ne sentant pas pour autant le revivalisme rance, Triptides agglomère Shoegaze (discrète) Surf languide, Jangle Pop et Indie 90 dans sa musique typée Sixties mais pas rétrograde.
[BT]


CORRIDOR
Supermercado, CD, Digital
Requiem Pour Un Twister / Michel Records
En fait ce qui m’a le plus étonné avec cet album c’est qu’il ne fait pas du tout Rock du Québec : pas d’accent, pas de références au Rock d’ici trop évidentes, pas d’humour un peu balourd… Loin des clichés quoi.
En fait Corridor sort son nouvel album qui les place dans une vague très 2017 de groupes qui puisent à la fois dans l’Indie Rock 90, le Post Punk 80, le Math Rock 2000, le Psyché Rock 2010… Le tout avec une production résolument de maintenant. Et comme pas mal de confrère ils chantent en français des textes intéressants parfois poétique toujours bien écrit et sans accent. Une sorte de croisement entre Julien Gasc et Chocolat disons. Avec une grosse personnalité et un son de guitare très intéressant… Leurs morceaux sont parfois teinté d’un peu de Touching Pop ce qui rend leur musique très riche et hyper intéressante !
[BT]
En concert : Mardi 19 Septembre : CORRIDOR (Indie Rock – Post Pop, Montréal) + BRYAN’S MAGIC TEARS (Psyché Rock), au Sonic, à Lyon

samedi 8 juillet 2017

Chronique: DESTINATION LONELY + STEVENSON RANCH DAVIDIANS + ADAM & The MADAMS + REVOLUTIONARY ARMY OF THE INFANT JESUS



DESTINATION LONELY
Death of an angel, LP, CD, Digital
Voodoo Rhythm Rds
Merde alors il fait mal ce nouvel album du trio toulousain. Ayant pas mal écouté les disques précédents je savais à quoi m’attendre mais franchement je ne pensais pas que ce nouvel album se hisserait à ce niveau ! A savoir celui des meilleurs Chrome Cranks / Dum Dum Boys / Beasts of Bourbon… ouai ouai rien que ça !
Blues Noisy Trash Swamp Garage Punk Rock noisy la musique des DESTINATION LONELY est comme un marécage qui vous engloutit, vous absorbe, vous envahit !
60 ans d’histoire du Rock ingurgité et régurgité sous forme d’acid guitare n’ayant rien à voir avec le psychédélisme des minets mais avec son versant le plus sombre, rampant et inquiétant (de quoi faire passer le velvet pour une fanfare).
J’espérais un super disque, mais on est bien au-delà de ça ! Un album plein, entier, fier de lui, varié, puissant et avec assez de subtilité pour rester passionnant de bout en bout !!!
[BT]


The STEVENSON RANCH DAVIDIANS
Amerikana, LP, CD, Digital
Picture In My Ear Rds
Pour moi ce groupe de Minneapolis est une découverte. Normal ils n’avaient rien sorti depuis 2009. Surement parce qu’ils étaient trop occupé à courir dans les champs avec des fleurs dans les cheveux à la recherche de champignons magiques… 60’s Psych Weird Folk Pop bien évanescent. Comme la rencontre improbable du Brian Johnstown Massacre des Black Crowes de la période la plus enfumée et de Mazzy Star. Avec une touche d’Indie late 80 (Dream Pop, Jangle Pop) de Southern Gothic, de Death Country et de Folk planant.
Surtout nous voici devant une belle collection de chansons qui s’accrochent à vous avec bonheur !
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ADAM & The MADAMS
Almost!, CD, Digital
Bloody Mary Rds
Le trio strasbourgeois revient après une pose consacrée à leur side project Et attaque ce long mini album (6 titres pour 36 mn) avec une reprise hommage de ‘Heroes’ de Bowie qu’ils triturent de façon intéressante. Mais on ne va pas se mentir se sont leurs compos qui restent les plus intéressants moments de ce disque.
Imaginez le Velvet passé à la moulinette Indie Noisy Pop 90 et boosté au Garage Punk bricolo des années 2000. Un pur délice pour peu qu’on aime les bonbons au poivre recouvert de piment.
Finir en faisant un sort à ‘Sister Ray’ de qui vous savez, en 16 mn ils montent sur la deuxième marche en matière de version de cette vielle scie qui en a déjà vu d’autres petits salop lui faire subir les derniers outrages… Mais Adam & The Madams s’y prend tellement mieux que la moyenne, balançant des sons proto électronique vintage qui feraient bander Martin Rev…
Entre ces 2 reprises leurs titres ne paraissent pas minuscules ce qui est quand même un vrai exploit.
Ainsi Adam & The Madams prouvent que ce qu’on avait aimé sur leurs deux premiers albums n’était pas un accident !!!  Un croisement brut de Rock avec un peu de Pop dans un esprit qui doit beaucoup au Do It Yourself Punk et à la scène Art Rock… ça me démange, allé je me le repasse !
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REVOLUTIONARY ARMY OF THE INFANT JESUS
Mirror, LP, CD, Digital
Occultation Rds
Dans une époque où tout le monde se réclame du Psyché ça fait du bien d’entendre un groupe vraiment perché qui cherche à produire qui sort des sentiers battus et ne ressemble à aucune références existantes.
Passant allégrement d’un morceau mixant Weird Folk et musique du monde (ou des mondes possibles) à un titre façon crooner spectral…
Les voix sont tour à tour psalmodiées, chuchotées, ou chantés en anglais, français, russe (?) ou alors dans un langage connu d’eux seuls.
Parfois on semble voyager en flottant à travers l’espace et à d’autres moments leur musique produit un effet proche de la transe.
Bref si vous êtes à la recherche d’une musique qui vous extrait de votre réalité je vous recommande chaudement Revolutionary Army Of The Infant Jesus !

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mardi 4 juillet 2017

Chronique: DON JOE RODEO COMBO + TEENANGER + LE PRINCE HARRY + ROCK HARDY n° 51



DON JOE RODEO COMBO
Anciens westerns, CD, Digital
Pop Sisters Rds
Deuxième véritable album pour le trio toulousain dont le nom est toujours aussi bien trouvé. Cette fois dès la pochette on prend conscience que cette nouvelle étape dans leur histoire est un grand bond en avant.
Du Rock frenchy but chic chanté en français. Les textes sont excellents, vraiment excellents, à la fois très Rock :‘Les ennuis commencent’ et très juste : ‘C’est pas parce qu’on a rien à dire (qu’il faut pas la fermer)’ : un tube !
Mêlant la tradition d’un Rock français qui est toujours dans l’élégance. L’école Dogs quoi. Et des références au Rock américain imprégné de grands espaces (influences, Blues, Folk, Country totalement digérées) et avec toujours une efficacité Pop !
En fait avec son chant qui sait se moduler mais qui les rend immédiatement reconnaissables Don Joe et son Rodeo Combo pondent un album qui donne envie de tailler la route les fenêtres grandes ouvertes direction la plage dans la nuit chaude.
La tradition certes mais qui finalement est totalement dans une tendance lourde (et relativement nouvelle) de la scène Rock de France : celle qui consiste à assumer de chanter en français, mais surtout de le faire brillement !
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TEENANGER
S/t, LP, Digital
Telephone Explosion
Ce quatuor de Toronto semble être constitué de petits farceurs à l’humour un peu potache (du moins c’est ce que laisse penser les textes écrits à propos d’eux) en  revanche leur musique ne faire pas rigoler. D’une part parce qu’elle est excellente et donc ne prête pas à la moquerie, d’autre part parce qu’elle a un côté un peu ‘martial’ et légèrement glaciale qui n’a rien de drôle. Tant mieux vu que j’ai toujours trouvé que le Rock mélangé à l’humour n’aboutissait qu’à des catastrophes.
Musicalement Teenanger évolue dans une sorte d’Art Rock cérébrales mais pas trop (car ils ne sont pas des frenchy chiants eux, suivez mon regard). Un peu comme si les Talking Heads avaient du sang dans les veines, ou que Wire arrêtait de ne faire que du bruit avec ces guitares…
Comme en plus parfois le chant est assuré par l’élément féminin du groupe on se dirige parfois vers un versant plus ‘Pop Indie’ mutante qui rafraichit bien cet album. Et ça apporte un peu de diversité dans ce disque qui prend le risque de proposer 13 titres. C’est leur 5ème et en dépit du fait que ce ne soit pas à priori un ‘sous-genre’ qui m’éclate à fond habituellement il faut bien que j’avoue qu’il revient très souvent dans mon player tant son charme vénéneux agit bien !
Sortie le 14 juillet 2017
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LE PRINCE HARRY
Synthetic love, LP, CD, Digital
Teenage Menopause Rds
On pourrait penser que dès le titre de cet album tout est dit ! Mais il n’en est rien et le duo belge montre qu’avec ces bidouillages de synthés analogiques ils sont en train de prendre la succession de Suicide dans leur capacité à mélanger des univers différents. Entre Garage Rock’n’Roll, Synth Punk, Post Punk et une sorte d’Electro Clash bricolé Le Prince Harry prouve que ça n’est pas uniquement pour la réalisation de la pochette de son nouvel album qu’ils se sont cassé la tête. Chaque titre à une personnalité propre qui donnerait envie d’aller danser dans un bunker à Berlin en 86…
Tout comme Frustration, Le Prince Harry est capable de pondre des hits qui sont des machines à faire danser ! Une danse froide, robotique et désincarnée mais qui est comme une libération dans un univers déshumanisé et technologique !
11 titres comme 11 décharges électriques de puissances variables mais qui donneront toujours des soubresauts spasmodiques à vos membres…
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ROCK HARDI n°51
68 pages A5 + CD sampler, 8 euros
Ce qu’il y a de bien avec Rock Hardi c’est que j’ai l’impression de me répéter dans les chroniques, en disant à chaque fois le haut niveau de qualité de ce fanzine historique du Rock en France !
Et ce n° 51 n’échappe pas à la règle avec un sommaire qui calme gravement !
Les REAL KIDS en interview c’est assez rare pour s’en délecter ! MIDNIGHT SCAVENGERS une superbe découvert. Monsieur DAN RICO un chouchou (dont on attend la tournée européenne de cet automne avec impatience). Les intense The NORVINS, Sixties Garage Punk for life ! TRAFFIK DRONE une autre découverte. Mes chouchous japonais de The FADEAWAYS.
Le duo blues trash… VICIOUS STEEL. Les ‘vétérans Breton de GERRY BRIGHT & The STOKEERS. Autre vétéran excellent RED EYE BALL. Les BéBERTS y a pas que leur nom que j’aime. Et encore une découverte succulente avec BLAIRE ALISE. Et pour (presque finir) une interview avec Monsieur DANIEL JEANRENAUD (Kingsnakes, Camden Cats…) inratable !
Mais si avec ça vous n’avez pas votre lot de confirmations, surprises, découvertes il y a encore à lire un dossier sur les 40 ans du 1er album des SAINTS. Un hommage, entre autre, sous forme de portfolio de ses dessins Rock, à TONIO MARINESCU.
Et des chroniques, disques, livres, BD, fanzines comme s’il en pleuvait.
Plus le CD sampler de 18 titres avec : The FADEAWAYS, Les BéBERTS, The NORVINS, GERRY BRIGHT & The STOKERS, DAN RICO, MIDNIGHT SCAVENGERS, JAMES McCANN & The NEW VINDICTIVE, DEAD HORSE PROBLEM, VICIOUS STEEL et RED EYE BALL pour illustrer votre lecture ! Immanquable !!!

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vendredi 30 juin 2017

Chronique : SYLVAIN ANSOUX + MY THINKING FACE + DIRECTORS CUT + WICKED



SYLVAIN ANSOUX
Les graines invisibles,
Editions Jets d’Encre, 185 pages, 17 euros
En fait le Roman Noir ça n’est pas compliqué. Pour que ça marche il faut que ça marche. Il est nécessaire que le bouquin vous happe dès les premières pages et que vous ne vouliez plus le lâcher.
Après ça expliquer pourquoi ça marche est bien plus compliqué. Question de rythme. Plutôt de tempos, qui varient subtilement en fonction de l’histoire. Et qui vous embarque. L’histoire bien sûr. Et des personnages forts. Ainsi qu’un style…
A la fois dépouillé et précis il permet de cerner les protagonistes et leur donne une consistance en quelques phrases ciselées… Quant à l’histoire c’est un peu la rencontre très improbable de deux solitudes, celle de Joseph septuagénaire veuf qui s’ennuie dans sa fin de vie et celle trop visitée de Nina prostituée probablement venue de l’Est qui sévit/subit dans une camionnette de bord de route / de champ… Les souvenirs de guerre et le monde actuel viennent perturber la rencontre de ces 2 êtres qui n’étaient pas destinés à se croiser.
Un Roman Noir qui se passe à la campagne, qui est bien loin de la vague ennuyeuse du polar rural. Une lecture qui me réconcilie avec le Roman Noir après une poignée de bouquins passés entre mes mains n’ayant ni saveur ni couleur (noir). Avec « Les graines invisibles » Sylvain Ansoux signe déjà son 2ème roman dans une veine assez différente du précédent mais avec lequel il montre encore son habilité de conteur !
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Emission spéciale Mercredi 5 juillet à 18h00 sur RADIO CAMPUS GRENOBLE 90.8 et en direct sur http://campusgrenoble.org/ Rediffusion jeudi 6 juillet à 8h00.


MY THINKING FACE
Pieces, CD, Digital
My Dear recordings
Mince alors qu’est-ce qu’il fait plaisir à mes oreilles ce mini album. Le 2ème du quatuor parisien (le premier était plus orienté Folk Rock) les voici avec 5 CHANSONS excellentes ! Qui nous ramène au temps bénie de la scène Indie Power Pop des 90’s (Weezer, Posies, Fastbacks…). Cinq purs moments de bonheurs sucrés et musclés !
A la grande époque du College Rock on aurait entendu My Thinking Face sur toutes les radios orientées Rock de la planète… les temps ont changé, mais l’évidence des mélodies de My Thinking Face (je ne me lasse pas de leur nom) elle reste !
Une des choses qui marque le plus (dès la 1ère écoute et de façon continue sur les suivantes) c’est la voix. Je dirai même le travail sur les voix et les harmonies… on croirait presque à un groupe féminin tant tout ça est finement ouvragé. Ces voix viennent se poser délicatement sur des guitares musclées mais mélodieuses qui parfois voyagent jusqu’aux confins d’un Shoegaze Psyché mais avec légèreté et élégance. Miam !
[BT]


DIRECTORS CUT
Cycles, LP, Digital
HellProd
J’avais raté le 1er album de ce quatuor Lyonnais. Et quand j’ai reçu celui-ci je m’attendais à quelque chose de plus mélodique que le titre d’ouverture qui fait très Hard Core Screamo 90. Cependant à la réécoute même ce morceau-là contient des variations mélodiques.
J’aime bien cet album qui effectivement nous replonge dans les vagues Hard Core Melo / Screamo des 90’s auxquelles s’additionnent de la Power Pop, du Punk 77, un peu de Pop Punk comme il se doit, un rien de Pop Core à l’anglaise… Comme si Directors Cut avait tenté (et réussit) la fusion des 2 premières périodes des Lemonheads (les débuts Hard Core Punk et celle du succès façon College Rock) !
Comme ils assument aussi leur versant Pop on se retrouve avec un disque qui est très varié, équilibré, mélodieux où chaque musicien semble trouver idéalement sa place ! Et comme il y a là parmi ces 9 titres une belle collection de petites perles du genre je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur ce disque.
[BT]


WICKED
Crawling back, CD, Digital
Margoulins Productions
C’est vrai que le nom de ce trio Breton n’est pas des plus inventifs : c’est bien le merdier pour les retrouver sur le net. Cependant comme ce 2ème EP est très agréable à écouter (plus même) ça mérite de faire un effort.
Entre Heavy Bluesy, Rock mid tempo limite crooner cadavérique, et soupçons de Stoner Wicked montre déjà une belle santé et un bon talent de composition ce qui nous donne 6 titres assez varié (dans les mélodies comme dans les tempos). Résultat on ne s’ennuie pas d’autant que les gars mettent pas mal d’orgue sur la moitié des chansons ce qui renforce le côté chaud et moite de certaines titres. Wicked n’a pas non plus peur de tirer ses morceaux vers une certaine idée du ‘Rock Heroic’ (Simple Mind grande période en beaucoup plus musclé, ou le Placebo du début). Bref Wicked montre qu’ils ont de la moelle et qu’ils se moquent des tendances ! Z’ont bien raison vu les qualités de ce disque !
[BT]