lundi 21 mai 2018

Chronique : FIXED UP + SATELLITE JOCKEY + NOT SCIENTISTS + COWBONES + JEFFREY LEE PIERCE & CYPRESS GROVE



FIXED UP
Who is innocent? A single collection 1983 – 1987, CD
Ninteen Something / Pias
elle arrive à point nomée cette compil du génial trio havrais. Tant il démontre à quel point Fixed Up mérite tellement plus que le souvenir un peu confit que certains en conserve : une sorte de pendant français du Rock tellurique de Sidney & Detroit.
Le titre qui vous plonge dans cette anthologie de leurs singles semble être issue du groupe qui influencera la scene Indie Rock d’Athens (Usa) tel que Guadalcanal Diary et le early REM. De la même façon « One night stand »  et ses cuivres disent que Rocket From The Crypt n’est finalement pas tant sortit de nulle part.
Ces 16 chansons issus des 6 singles du groupes montrent aussi à quel point le trio était marqué par le Rhythm & Blues anglais des 60’s, le Pub Rock, le Rock Garage bien sauvage mais aussi le Paisley Underground, proto Power Pop. Punk…
ce qu’il y a de bien avec cette anthologie (et en dépit du fait que véritablement je ne suis pas un adepte du genre normalement) c’est qu’elle donne une vision des Fixed Up différente de celle qu’on a en écoutant seulement les albums (qui sont pourtant execllent mais plus homogènes).
Encore une brillante idée de Ninteen Something !
Mastering signé Gilles Théolier, et livret 8 pages narrant l’histoire du groupe par Alain Feydri.
[BT]

SATELLITE JOCKEY
Modern life, Vol. 2, CD, K7, Digital
Another Rds / Montagne Sacrée / AB Rds
après le Vol. 1 vient le 2. Et comme le 1er est une merveille évidement je suis ravis d’écouter celui-ci !
Avec un titre comme celui-ci on peut s’attendre à une Pop dans la veine sixties (mais sans les tics revivalistes, sinon à quoi bon appeler ça Modern?) très élégante. Tradition anglaise certes mais avec cette touche de class typiquement française !
Le nom du groupe suggère aussi un désir d’être aérien ! Et ces chansons le sont élégamment !
Des chansons avec parfois profusion d’arrangements (piano, orgue, cordes, bois, cuivres…) mais toujours des chansons ! Jamais noyée sous trop de chantilly.
Une Pop tirant vers le psychédélisme, mais surtout qui fait le pont entre un coté rétro et certaines visions de la modernité. Quelques beaux élans qui auraient pu les amener vers la bande originale de film.
Et puis surtout une musique délectacle à qui je veux ouvrir mes oreille (à defaut du coeur que je n’ai plus).
C’est tellement agréable d’encore découvrir un travail d’orfèvre de ce nuiveau : from music lovers to music lovers !
[BT]

NOT SCIENTISTS
Golden staples, LP, CD, Digital
Kidnap Music / Rookie Rds
il reigne un mood très mélancolique dans ce nouvel album des Not Scientists. Qui ont même sacrément ralentis sur certains morceaux, ce qui leur convient décidément très bien. Rendant l’ensemble beaucoup plus riche que par le passé !
Tout part d’un très gros travail sur les rythmes et la batterie, ainsi que sur la façon dont elle sert de fondation à l’archithécture des chansons. Ce qui sans les amener à copier qui que se soit, ni à tomber dans le panneau du revivalisme 90’s, d’autant moins qu’une bonne partie des membres sévissaient déjà dans des groupes durant cette décénnie (désolé les gars de souligner votre grand âge).
Ces changements notables contribuent à imposer Not Scientists comme un groupe important qui s’extirpe des étiquettes restrictives, agglomère Pop Punk Indie 90 Power Pop Punk Rock dans un ensemble de 10 chansons qui ont de l’ampleur et du souffle et qui surtout constituent un album très dense et qui s’écoute dans son intégrité car jamais il ne lasse !
[BT]
En concert : Jeudi 24 Mai : NOT SCIENTISTS (Pop Punk / Hc Mélo) + ASTPAI (Punk Rock, Autriche) + OFF MODELS (Indie Punk Rock), au Hard Rock Café, de Lyon
Et :
Vendredi 25 Mai : NOT SCIENTISTS (Pop Punk / Hc Mélo) + ASTPAI (Punk Rock, Autriche) + MIGHTY BOMBS (Indie Garage Punk), au Bouffon de La Taverne, à Genève

COWBONES
Vox Populi Pollux, LP, Digital
Casbah Rds / Ossature Rds
Dès l’intro de ce 2ème album des Cowbones je me rends compte qu’il y a du changement dans leur musique par rapport précédent. Cependant, les Cowbones réussissent à atteindre le fantasme de tous les groupes qui se respectent : le changement dans la continuité !
Leur musique est toujours totalement identifiable mais elle a évoluée (quelques petits ajustements de line up expliquant surement cela aussi) : un peu plus de présence pour les claviers (pensez Suicide plutôt que A-HA).
Collisions bruitistes, répétitions à la limite de la trance, Synthé Punk bordélique, boucles, No Wave, Post Punk, Garage Trash, Noise, voix trafiquées… Les Cowbones écrivent des titres hyper addictifs qui se forent un chemin dans votre cortex pour ne plus jamais vous lâcher !
La face A est formidable ! La face B plie la gaule !
[BT]
En concert : Vendredi 25 Mai : Retour Vers Le Freakshow Festival, avec : COWBONES (Noisy Garage, énorme) + MAKE-OVERS (Garage Punk Grunge, Afrique du Sud) + SALÒ (Noise Garage Rock) + ROY & The DEVIL’S MOTORCYCLE (Psyché R’n’R Garage, Voodoo Rhythm Rds, Suisse) + DJ Yann Cracker, à La Bobine, à Grenoble

JEFFREY LEE PIERCE & CYPRESS GROVE
Anarchic Blues, 2LP
Bang Rds
comme je ne suis pas un Jeffrey Lee Pierce idolatre quand j’ai vu annoncer cette ressortie (pour la 1ère fois en vinyle) je me suis dis encore des fonds de tiroirs… Mais après réception je me suis fait embarquer dans cet enregistrement cru de 1994 pour une radio slovène et en acoustique.
Le titre de ce disque n’est pas trompeur on dirait du Cubist Blues parfois. Ou le croisement entre Nikki Sudden et les Television Personnalities qui joueraient le Blues que leurs esprits malade à composer. Sauf qu’en plus ici c’est Jeffrey Lee Pierce au meilleur de son charme véneneux. Et à l’écoute de ces 4 faces je peux comprendre pourquoi son talent en obscède certains et ceratines.
Pour complèter la très belle présentation en gatefold Cypress Grove raconte cette aventure musicale de l’intérieur.
[BT]

jeudi 17 mai 2018

Chronique : NEON BONE + PETIT VODO + BARRENCE WHITFIELD + CUELLO



NEON BONE
That dog won’t hunt, LP, Digital
Monster Zero Rds / Mom’s Basement Rds
Pour ce 3ème album du groupe allemand je m’attendais à un disque de Pop Punk / Hc Melo école Lookout! Rds. Ce qu’il est indéniablement et ce qui ravira les accro du genre. Cependant il n’est pas que cela, car il contient aussi pas mal de chansons bien plus Pop / Power Pop ce qui le rend vraiment intéressant à mes oreilles.
Avec une coloration Indie Rock 90 qui est à la fois bien dans le courant de 2018, mais en même temps un amalgame d’éléments ‘historique’ d’un style musicale qui est souvent trop stéréotypé pour mon goût profond, mais, donc, pas là.
Les Neon Bone apporte une salutaire dose de diversité, tout en produisant un album d’une grande homogénéité, mais aussi d’une très grande efficacité, et qui distille beaucoup de joie au fan de musique qui se fiche des étiquettes,
Si vous êtes à la recherche de chansons musclées et mélodiques alors portez votre attention sur That Dog Won’t Hunt… il se pourrait bien que ses 12 titres soient le genre d’assemblage qui vous mettent chaque jour en forme !
[BT]

PETIT VODO
I like it like that, LP, CD, Digital
Bordeaux Rock / Differ-Ant
Ainsi donc le voilà de retour : le précurseur des One Man Band en France remet le couvert. Et il fait ça bien ! Pour nous délivrer ses meilleurs plats, il a convié quelques « guest » qui assaisonnent les plats de voix féminines, orgue, banjo, et autres joyeusetés du genre, afin que ce disque soit bien plus qu’un album de One Man Band de plus, comme le montre la version polyphonique de ‘The Man of constant sorrow’.
Sur ce ‘I like it like that’, Pete Vodo se fait plaisir (et je trouve ça très communicatif) en jouant avec quelques classiques du Blues / Country / Folk rural… un univers largement fantasmé quand on est issue du Grand Ouest (de la France). Habituellement je ne suis pas des plus convaincu par les covers, mais là le Monsieur et son entourage balancent des versions qui valent beaucoup plus qu’une oreille distraite tant il arrive à les tordre à sa main !
Trash Blues parfois, Rock swampy bricolé à d’autres moments, Death Country indolente, Folk sale… Pete Vodo leur fait tout à ces classiques parce que c’est ça qui conserve la musique vivante !
[BT]

BARRENCE WHITFIELD & The SAVAGES
Soul Flowers Of Titan, LP, CD, Digital
Bloodshots Rds / Differ-Ant
Quand on aime on ne compte pas… donc je ne sais plus à combien d’albums on est pour Barrence Whitfield et sa bande, mais je sais que le Plaisir est toujours là !
C’est vrai que la France a été une terre d’accueil pour ce gang depuis ses débuts, et ce même quand l’inspiration fut moins présente… Mais là je peux vous dire que ce Soul Flowers Of Titan il est chaud comme la braise ! Et que les vétérans en remontrent à tous les minets Indie Psyché, Néo Soul, revival Garage actuels !
Les Savages sont là pour griffer ! Ça tombe bien on en redemande !
Pour le reste c’est la même recette mais tellement relevée et préparée avec soin que je me goinfre cet album avec régularité !!!
Toujours ce bon vieux R&B 60’s furieusement maltraité, mais avec Respect, et / ou Soulful comme et quand il faut ! La voix, le sax, la guitare, de grandes chansons, pas de doute c’est du Barrence Whitfield & The Savages grand cru !
Des concerts en France pour juin vont bientôt être annoncés !
[BT]
En concert : Mardi 22 Mai : BARRENCE WHITFIELD & The SAVAGES (60’s R&B, Usa) + BLACK MAMBAS (Garage, Rock'n'Roll, Los Angeles), au Clapier, à Saint Etienne

CUELLO
Regalo doble, LP, Digital
Bcore Disc
J’ai un gros faible pour ce groupe espagnol, et ça n’est pas ce 4ème album qui va me faire changer d’avis.
Cuello c’est un véritable groupe d’amoureux de la musique fait pour ceux qui sont encore capable de prendre le temps d’écouter un album pour s’en délecter.
Car lors des deux premiers passages de ce Regalo Doble peuvent paraitre brouillon et confus.
Alors que dès le 3ème les chansons font leur travail, et s’insèrent en vous pour ne plus vous lâcher.
Leur leader José Guerrero à une capacité de composition qui est réellement impressionnante (on s’en rend également compte dans ses autres projets (Betinizer, Jupiter Lion, Secunda Persona…) et ça n’est pas cette fois-ci qu’on va être déçu. Au contraire. Creusant toujours son sillon qui mélange des éléments importés du Hard Core Mélodique, de la Power Pop moderniste, du Post Hard Core façon Washington des 90’s, du Pop Core anglais et du Post Punk, Cuello intègre aussi dans ses titres des sonorités Noisy Pop flirtant parfois avec le Shoegaze, voir le Post Rock.
Une oeuvre riche.
Dont la musicalité est mise en valeur par le travail d’un des maître du son de la scène espagnol (mais pas seulement) Paco Loco dans son Puerto de Santa Maria studio et le monsieur à de la bouteille (son CV parle pour lui ayant bossé avec les Posies, les regretté Travolta, Manta Ray, Migala, Dr Explosion, Las Kellies, G.A.S. Drummers, La Ruta, Dani Llamas et j’en passe un paquet).
Ce travail en commun a permis de trouver le juste équilibre entre les sonorités des instruments de placer la voix au bon endroit et de garder une énergie primordiale qui rend chaque chanson très excitante.
[BT]
En concert : Mercredi 23 Mai : BLACK MAMBAS (Punk’n’Roll, Los Angeles) + CUELLO (Indie Rock / Pop Punk, Espagne), au Trokson, à Lyon. Entrée libre


dimanche 13 mai 2018

Chronique : SUBSONICS + DIRTY COAL TRAIN + The NEEDS + JAMES LEG



SUBSONICS
Flesh colored paint, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
ça fait un long moment que je salive en attendant ce nouvel album du génial trio d’Atlanta… en rongeant mon frein avec frustration car je savais cet album prêt depuis de longs mois, mais il fallut attendre qu’il s’insert dans le lourd planning du (toujours excellent) label Slovenly Rds.
Je dois dire qu’il a fallut un bon moment pour que je me fasse une religion à propos de ce Flesh Colored Paint et de ses 14 chansons. Qui sont plus posées, moins frénétiques et tendues que sur son génial prédécesseur ‘In The Black Spot’ surement leur meilleur album, donc difficile pour le nouveau de passer après.
Oui difficile mais justement les Subsonics propose cette fois-ci un disque différent, qui met bien l’accent sur leur versant Velvet : Swell Maps, mais en mieux, avec cette touche unique de morgue Garage Punk. Pas de frénésie mais le respect de l’intelligence et du bon goût du public avec des chansons travaillés et toujours dans ce style qui totalement UNIQUE et identifiable dès la première note,
alors déçu par ce Flesh Colored Paint ? Aucunement. Un peu désarçonné, mais également reconnaissant aux Subsonics de s’être donné autant de mal pour créer un album qui passe l’épreuve du temps et des très nombreuses écoutes avec à chaque fois un plaisir qui augmente et toujours des moments qui se révèlent d’une fois sur l’autre !!!
oui, une fois de plus MERCI !
[BT]

The DIRTY COAL TRAIN
Portuguese Freakshow, 2LP
Groovie Rds / Garagem Rds
En titrant ton disque Portuguese Freakshow tut e met la pression quand même ! Surtout avec un double album. Cela dis au vu de la quantité des guests ici présent (plus de 17 invités sélectionnés parmi l’agitée scène portugaise actuelle, des musiciens – iennes rencontrés tout au long de la déjà longue carrière des Dirty Coal Train) il y a un côté état des lieux bien venu !
Plus qu’un album sur double LP est comme une compilation servant de panorama de la scène Garage Portugaise actuelle. Elle prouve issue sa vitalité, sa profusion, sa diversité et ses qualités.
38 titres s’est beaucoup à écouter, découvrir, mais s’est surtout beaucoup de plaisir ! Je dirais même de plaisirs !
Beaucoup de ‘genres’ se carambolent ici : Garage / Psyché / Surf / Art Rock / Swamp Rock / Proto Punk / Pré Power Pop… cependant j’aurai tendance à dire : au diable les étiquettes, car ce qui compte véritablement c’est la qualités des titres. Et de ce côté là on n’est pas déçu ! Et même je suis très très emballé. Normalement je n’aime pas les compil. Celle-ci est certes un peu particulière, mais elle me régale et surtout donne l’envie très forte de se pencher de ses la scène lusitanienne de façon très poussée !
[BT]

The NEEDS
The Most Elegant Hanged Men, CD,
Nova Express
Depuis leur 2ème album je suis accro aux Needs ! Et j’ai tous leurs disques (et j’ai même eu la chance et le privilège de les voir sur scène) ! Cependant bien que je sois accro à leur musique j’avais fini par faire une croix sur ce nouveau disque : enregistré en mars 2012, et mixé en avril 2014 par Lucas Trouble leur producteur fétiche qui comme à chaque fois joue de l’orgue(s) sur cet album. Évidement les vicissitudes de la vie et les décès ont ralentis énormément la sortie. En tout cas bien que le temps fut long la patience des fans est récompensée !
Si pas une fois dans leur carrière les Needs n’ont fait preuve de faiblesse ou de facilité dans leur discographie, je dois reconnaitre qu’à titre personnel je suis accro à ‘Songs From The Grave’ et ‘Santa Rita’. Donc après plus de 8 ans d’attente débarquer par surprise et balancer un album aussi emballant que ce The Most Elegant Hanged Men n’est pas un petit exploit !
Si les Needs pratiquent toujours une musique qui les distinguent de la masse (Garage Rock / Power Pop 90 / Indie Rock / Paisley Underground… sans nostalgie ni passéisme) créer une œuvre aussi sur le fil du rasoir entre mélancolie et euphorie est une belle chose !
[BT]
En concert : Vendredi 18 Mai : The NEEDS (60’s Rock classieux et excellent) + SWAYS (Psych Pop), au Farmer, à Lyon

JAMES LEG
Blood on the keys, LP, CD, Digital
Alive Rds
Merde alors il enchaîne très vite après son excellent album sorti en 2015. Celui-ci est tout aussi bon ! Je dirai même encore meilleur !!!
En tout cas très très varié, plus que d’habitude, avec un côté Tom Waits qui me ravie, et étend encore la palette musicale du gars James Leg. Ça peut aussi rappeler le meilleur de Gallon Drunk. De très grosses références que je ne dégaine pas pour n’importe qui tant elles sont écrasantes. Mais là Monsieur James Leg à les épaules, et le talent pour supporter la comparaison.
Un disque super varié notamment en matière de rythmiques qui parfois sont même assez loin des standards Rock…
Ce qui est très bon et rend l’album palpitant dans son intégralité et fais ressembler chaque nouvelle écoute à une exploration sonore !
Au top !
[BT]
En concert : Vendredi 18 Mai : JAMES LEG (Psyché Blues Soul, Usa) + Guest, au Brin de Zinc, à Chambéry – Barberaz
https://lengeance.bandcamp.com/album/james-leg-live-deep-inside-klub-dijon
Et :
Samedi 19 Mai : JAMES LEG (Gospel Stoner Blues, Usa), au Trokson, à Lyon. Entrée libre

dimanche 6 mai 2018

Chronique : SHIFTERS + TRIPTIDES + TOMMY LORENTE + DUCHESS SAYS



The SHIFTERS
S/t, LP, Digital, K7
Future Folklore Rds
je garde les oreilles bien ouvertes sur ce que sort ce label qui à vraiment un goût très sûr et un grosse capacité à dégoter des groupes qui sortent résolument de l’ordinaire !
Et c’est une fois encore avec ces Shifters de Melbourne, qui avait auto édité en cassette ce 1er album.
Si vous aimez le Rock Indie déviant qui tire vers l’Art Rock, quelque part dans un univers mental un peu maladif à la Country Teasers / The Fall / Television Personnalities… alors je vous recommande vivement de vous immerger dans cette musique !
The Shifters utilisent leurs instruments de façon assez surprenante et sortent des chemins ultra balisés de la scène indépendante actuelle !
Le quintet 2 guitares, basse, batterie, synthés et plein de voix mais sans que ça devienne envahissant. On s’en bien le côté rétro 80 froid et un peu désincarné. Mais ils puisent aussi au late 80’s… avec la fraîcheur et l’innocence de tous ces groupes anglais qui auto produisaient leur musique sur des cassettes et de single bricolés maison. Ça évolue dans un héritage Rock cérébrale façon Velvet Underground (on jurerai entendre du violon parfois , surrement parce qu’il y en a un) / Swell Maps. Mais sans jamais copier.
Ni sombrer dans le bête revival, la resucée ou la révérence !
J’aime beaucoup cette musique bancale et qui donne parfois envie de se gratter, comme un pustule ou un eczéma…
Comment ils chantaient déjà les autres ? Ah oui : ‘Pour une existance saine’. Ces Shifters là n’en ont rien à branlé ! Tant mieux !!!
[BT]

TRIPTIDES
Visitors, LP, CD, Digital
Requiem Pour Un Twister
Déjà cette éclairante pochette vous plonge dans l’ambiance. Naturellement psyché. Signe des temps, mais aussi désir du groupe californien qui depuis ses début se réclame de la scène Sixties psychédélique. Et du soleil. Comme ambiance (plage, filles en maillot de bain, feu de bois, spliff qui tournent…) mais peut-être aussi comme totem…
Garage Psyché sixties : oui ! Revivalistes ? Oui ! Mais finalement Triptides arrive à ne pas sombrer dans le rance et la copie primaire. Sans doute grâce à la capacité qu’ils ont à injecter de la beauté dans leurs chansons… à travers un formidable travail sur les voix, mais pas seulement ! Qui il faut l’admettre sont faite comme autre fois pour avoir l’air d’autre fois. D’ailleurs certaines ont aussi la saveur de vraies petites pépites découverte par les plus fins diggers underground… Parfois j’ai l’impression d’entendre une bande originale de film composée dans ces années là par un des petits (mais tellement talentueux) maîtres du genre et qui font la joie des fans et des labels de rééditions,
Après tout pourquoi pas. Je suis perso réfractaire à cette mode du vintage. Mais si en musique ça continue à nous offrir des disques de ce calibre, alors je signe dessuite !!!
[BT]

TOMMY LORENTE
Stupéfaction, CD, Digital
Autoproduction
J’avais fortement craqué sur son précédent album. Ce qui n’était pas gagné tant le Rock qui chante en français me fait souvent l’effet d’une douleur dans le cul pour traduire cette belle expression anglaise,
Mais pas dans le cas de ce jeune homme qui à un véritable talent pour trousser des chansons. Des titres entre Rock et Pop (donc qu’on pourrait aisément ranger dans la catégorie Power Pop) sur lesquels il chante dans sa jolie voix, et en français,
Musicalement on est dans une filiation qui doit pas mal aux grands maîtres anglais (genre Kinks de la période héroïque). Mais aussi pas mal aux grandes heures du style Frenchy but chic (les Dogs, rien de moins).
Alors Tommy Lorente chante, sans avoir une voix avec un registre ultra vaste, celle-ci se pose parfaitement sur ses musiques qui sont bien Rock. La voix est un peu en avant. Mais on est loin du mixage variétoche ou Rock à la française qui a tellement ruiné de disques d’ici. Le fait que tout ceci soit fait de façon totalement DIY / Autoproduit lui permet de réaliser exactement le disque qu’il veut, comme il veut !
Plus détendu et à l’aise que sur l’album précédent, avec un son ciselé et précis, Tommy Lorente revient avec ce ‘Stupéfaction’ qui joue joliment avec les clein d’oeil aux fans de Rock éternel. Et il compose là 10 chansons de fan pour les amoureux du genre !
Jetez-vous dessus !
[BT]

DUCHESS SAYS
Sciences nouvelles, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
Ce 3ème album commence par des notes de synthé rappelant ‘Get a grip on yourself’ ce qui situe bien ce disque. Imaginez de jeunes Stranglers vindicatifs  drivés par la voix énervée et / douce d’une chanteuse.
Synth Punk parfois désincarné, froid et mécanique, parfois très Punk brutaliste / bruitiste. L’ambiance baigne dans les froidures 80’s, parfois lardées de fulgurances Noisy 90. Avec aussi des passages presque Post Rock. Donc une musique variée mais dans une ambiance homogène et au service de super titres réellement accrocheurs.
[BT]
En concert : Samedi 12 Mai : DUCHESS SAYS (Punk proto electro, Montreal), au Groom, à Lyon